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Regards des professeurs sur les pièces de théâtre de Myriam

3 Juin 2013, 13:52pm

Publié par Mimi

Cité scolaire Émile Zola de Rennes, jeudi 19 mai 2011

 

 

Représentation programmée dans le cadre du projet d’établissement pluriannuel « Résistance(s) »

 

Deux classes de Seconde et une classe de Troisième assistent à cette représentation, accompagnées par leurs professeurs, Mme BRIGNOLI, professeur de français au collège et M. LÉRAUD, professeur d’histoire-géographie au lycée

 

Bilan de Jean-Pierre Léraud :

 

Faire entrer les rumeurs de la rue dans nos établissements scolaires peut avoir de réelles vertus pédagogiques.

Le spectacle « Résist’tente », véritable document théâtral, en est une riche illustration car il apporte la force du témoignage vécu d’une femme ayant traversé les peurs, les risques de la rue, le froid des murs et la chaleur humaine autant que la trahison des compagnons d’infortune ou la molle indifférence du passant envers les SDF de nos villes.

Par des phrases chocs (« les riches existent parce que les pauvres existent », « se mettre la tête à l’envers parce que le monde va à l’envers »), des saynètes font poindre les pires violences, concrètes ou symboliques mais toutes humiliantes.

Pendant une heure et quart (deux heures avec la discussion qui s’en est suivie), les élèves partagent ces échantillons de précarité et réinterrogent nombre de leurs a priori.

 

Le cours se trouve alors incarné par cette galerie de portraits haute en couleurs : pour ce qui me concerne, les cours d’ECJS bien sûr : la civilité, l’exclusion certes mais aussi les rapports hommes/femmes, le goût des médias pour le sensationnel, la pertinence de l’action sociale qui sont égratignés par ces tranches de vie.

En géographie aussi, soit par une programmation en tout début d’année (une bonne opportunité à envisager, pour éviter une approche par trop théorique du concept de « développement durable »), soit plus tard pour mettre en œuvre les inégalités socio-spatiales préconisées par le thème « Aménager la ville ».

L’intérêt unanime des élèves pour ce spectacle et la qualité, la profondeur des réponses apportées à leurs nombreuses questions peuvent alimenter un atelier d’écriture, aussi bien en lycée qu’en collège.

C’est ainsi que la fameuse salle Dreyfus de la cité scolaire Émile Zola de Rennes a résonné d’une nouvelle intrusion de l’actualité sociale. Autre temps, autres mœurs, c’est sûr, mais les interrogations, l’indignation restent aussi vives, et notre rôle de pédagogue peut, en toute confiance, faire son miel d’une telle prestation.

Jean-Pierre Léraud,

professeur d’histoire-géographie et ECJS au lycée Émile Zola de Rennes

 

De la vie, j'en ris, le nouveau spectacle de Myriam est une œuvre autobiographique particulièrement adaptée au public lycéen.  Conçue comme le récit de sa vie jusqu'au moment où elle perd son logement et connaît la rue, sa pièce aborde une nouvelle fois des sujets qui nous concernent tous de près ou de loin : l'adoption, la maltraitance sexuelle, les relations parents/enfants, la violence dans le couple, la place des étrangers, l'engagement ... Dans son théâtre, Myriam n'assène pas un prêt à penser : elle s'exprime à la première personne et apporte son témoignage ; elle pose des questions auxquelles il nous appartient de répondre. Une fois de plus, outre la réflexion sur le théâtre et la mise en scène qu'il occasionne, ce spectacle peut être relié diversement aux programmes des collèges et lycées : autobiographie (en troisième), argumentation en seconde et première... Ce spectacle peut aussi être parrainé par le foyer des élèves car il aborde des questions de société qui concernent les jeunes. Myriam nous offre un théâtre qui fait grandir, un théâtre libérateur parce qu'elle interroge ce qui fait notre humanité, parce qu’elle ose prendre la parole et s'exprimer en son nom sur des sujets souvent tabous, parce qu'elle montre que de la faiblesse on peut faire une force… Les qualités d'écoute de Myriam et sa disponibilité font de la rencontre qui suit le spectacle un temps important d'échange pour approfondir.

Stéphanie Mercier enseignante de lettres au lycée Jean Macé à Rennes.

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